Conseil départemental du Val-de-Marne : l’enquête choc sur les conditions de travail
Ensemble en Intersyndicale (CFDT Interco, CGT, CGT-UGICT, FSU) le 29 janvier 2026, plusieurs responsables syndicaux étaient réunis en conférence de presse, au siège de la Maison des syndicats à Créteil, ils ont détaillé leur enquête.
Ce document met en lumière la situation fortement dégradée au sein du Conseil départemental du Val-de-Marne : services en sous-effectifs depuis 2024, gel durable des recrutements, surcharge de travail généralisée, épuisement professionnel, manque de moyens, perte de sens, encadrement défaillant… « Nous assistons à des maltraitances institutionnelles, renforcées par des pratiques managériales toxiques pour réorganiser des services afin de supprimer des postes, sous couvert d’une meilleure cohérence d’action » ont-ils ainsi précisé, témoignages des agents à l’appui.
Comme l’expliquait Laurent Vigreux, cadre départemental et militant CFDT Interco qui siège au sein des instances de dialogue social du CD94 (qui a fortement contribué à l’organisation et présentation de cette enquête), « les résultats sont fondés sur les réponses et commentaires* de 800 agents ayant participé à cette initiative entre le 2 décembre 2025 et le 27 janvier 2026 ». Et celui-ci d’ajouter « depuis un an, toutes les décisions peuvent être prises au nom de la recherche d’économie. Mais elles sont descendantes, sans discussion possible. Les encadrants intermédiaires n’ont aucune marge de manœuvre. La pression exercée a des conséquences à tous les niveaux de l’administration ».
Un dialogue social à l’arrêt
Depuis l’arrivée d’une nouvelle direction et d’un contexte budgétaire dégradé, les agents du Conseil départemental 94 subissent en effet la multiplication de réorganisations brutales, la suppression de 60 postes en 2025 et de plusieurs services et directions (transition écologique, affaires internationales, etc.) et un manque de reconnaissance et de soutien.
Les membres de l’intersyndicale qui réfléchissent à de nouveaux modes d’action (avec les habitants, les acteurs locaux et associations) sont d’autant plus inquiets que même la Maison des syndicats déjà touchée financièrement semble faire l’objet de futures réformes restreignant son fonctionnement … sans dialogue préalable avec les intéressés.
Pointant « l'évaluation du travail basée uniquement sur des chiffres et non sur le contenu ce qui engendre une perte de sens ; une gestion du Département géré comme une entreprise privée et non comme un service public. », l’enquête met en lumière cette très inquiétante situation pénalisant aussi le service public. Sans parler de la dégradation de son attractivité, cette institution ayant du mal désormais à recruter et conserver son personnel…
(Marc Zajdenweber, secrétaire fédéral Interco)
-------------------------------------------
* Par exemple 65% des agents déclarent que leurs compétences ne sont pas suffisamment reconnues, 76% se sentent utiles dans leur travail en réalisant des missions au service du public, 75% ont le sentiment d’une perte de sens au travail, 93% ont le sentiment que ce contexte dégrade la qualité de service public, 75% déclarent que leurs conditions de travail ont dégradé leur état de santé. Enfin seulement 54% des agents déclarent pouvoir compter sur leur responsable hiérarchique direct.
Synthèse de l'enquête sur les conditions de travail des agents du CD94 (3 pages)
/image%2F1973595%2F20260131%2Fob_9f9712_conf-intersyndicale-26-01-2026.jpg)